lundi 19 décembre 2016

21 décembre 2012. Ma fin du monde.

Le 21 décembre 2012, c'était, soi disant, la fin du monde annoncée par les Mayas. Et, ça reste entre nous, perso j'y ai cru, vraiment, et en tant que flippée de la mort, ça m'a beaucoup angoissé. Bref, là n'est pas la question (quoi que, mais nous y reviendront peut être un jour)

Et, ce fameux 21 décembre 2012, aux alentours de 19h30, (oui je m'en souviens comme si c'était hier), j'ai commencé à me sentir mal, très mal, et là, j'ai vraiment cru que c'était cette fin du monde qui arrivait (don't judge me), malaise de folie, on appelle le 15 et tutti quanti. Bref, finalement "tout va bien madame c'est la fatigue, la fin d'année, tout ça tout ça".

Je ressors avec une semaine d'arrêt, j'en aurais finalement 105. Oui 105, soit environ 2 ans.

2 ans d'arrêt, 1 an alitée, autant de malaises, de souffrances, de migraines, de vertiges, de maux de ventre et j'en passe. Épuisée en permanence. Ma pathologie ?  Un truc neurologique bizarre, que mon neurologue voit genre 2-3 fois max par an. (Cherchez pas, je fais toujours dans l'original). 
Mais comme toujours dans des cas complexes comme le mien, vient se rajouter d'autres maladies hypothétiques, que chaque médecin dans son domaine défendra, quand d'autres les rejetteront en bloc. Encéphalomyélite myalgique, maladie de Lyme, intoxication aux métaux lourds. 
Je vous ai perdu ?! Don't worry, je le suis moi même ne sachant plus franchement où donner de la tête et vers qui me tourner.

Car qu'on se le dise, savoir ce qu'on a s'est bien, mais tout malade veut surtout se soigner, peut importe la maladie... Je cherche encore, toujours, je garde espoir car je sais qu'une vie meilleure m'attend.

Parlons en, ce mercredi cela fera donc 4 ans que je suis malade. 4 ans de souffrances, on va vraiment pas se le cacher. Autant d'années de questionnements, d'incertitudes et de peurs. 

Enfin, disons que les 2 premières années ont été les plus difficiles physiquement, et, j'ai cette chance de rester positive même dans le plus dur. Sincèrement, quand on croit que l'on va mourir on s'accroche de toutes ses forces et finalement on souffre tellement physiquement qu'on a pas le temps de perdre le moral, de flancher. Enfin, c'est mon cas, je sais que pour d'autres c'est différent, nous sommes tous si différents face à la maladie. Durant ces 2 premières années j'ai tellement souffert que je n'ai pas eu le temps de penser à autre chose finalement. 

La 3ème année, j'ai un peu remonté la pente, ça été l'année de mes deuxièmes 1eres fois en gros. Reprendre à conduire, à sortir, à bouger pour autre chose que pour des rendez vous médicaux, alors cette année là tout était permis niveau espoir, clairement j'avais le sentiment d'être invincible, je me sortais, un peu, de tout ça et je pensais que tout allait être comme avant.

La 4ème année, c'est la désillusion finalement, les progrès stagnent, la vie d'avant n'est pas là, loin de là. Cette année c'est l'année de la peur: et si je n'évolue plus ?! et si je stagne ainsi? et si je ne m'en sors pas? Je vous l'avoue, je n'ai jamais autant pleuré que cette année, parce que physiquement c'est difficile, certes moins qu'au début mais ça l'est toujours, parce que je suis épuisée, que mes 21heures de boulot par semaine m'épuisent et que je n'en peux plus de ne pouvoir rien faire pendant mes jours de congés. Et si je reste ainsi ça veut dire que je ne pourrais pas voyager ? avoir des enfants ? faire le métier qui me plait ? Enfin voilà, vous avez compris.

Je retiendrais de ces 4 ans un combat sans nom que je ne souhaite à personne. Une vie changée à jamais. Et malgré tous ces moments difficiles je retiendrais aussi la force insoupçonnée que je me suis découverte, le soutien sans faille de ma famille et de certains de mes amis. La rencontre de gens extraordinaires qui m'ont aidé et m'aident encore aujourd'hui à retrouver une santé et à vivre tout simplement.

Je suis cette petite fille hypersensible qui a toujours cru qu'elle n'arriverait pas à se débrouiller dans les pires moment de sa vie. Rectification, c'est dans les pires moments que l'on puise en nous une force de dingue. 

Pour cet "anniversaire", pour ces 4 ans, je retiendrais que faire face à ses problèmes, à sa vie, n'est plus une option quand on y est confronté, c'est une question de survie. 

Nous avons tous en nous cette force, et, croyez moi, on peut vraiment être fier de nous quand on arrive à la mobiliser.
 




dimanche 11 septembre 2016

Et si.

Un soir d'hiver, une rue, le bar d'à côté, tous ces moments perdus où il l'attendait ...

Et si elle n'était pas venue ?! Si ce soir là, comme beaucoup d'autres soirs elle avait décommandé, annulé, ou posé un lapin ?! Si encore une fois elle avait eu peur, d'affronter son regard, ses mains, sa bouche, ses mots. Si encore une fois elle avait dit "mais pourquoi faire, j'ai plus l'âge, j'ai plus l'envie, plus la foi, pour ces conneries". Si elle c'était défilée, une fois de plus, si le flou l'avait emporté, une nouvelle fois.
Si ce soir de décembre elle n'avait pas enfilé une robe noire, puis un pantalon gris, une jupe bordeaux, un chemisier blanc, un gilet écru, si ce soir là elle n'avait pas retourné son dressing pour trouver LA tenue parfaite. Si ce soir là, elle n'avait pas bouclé ses longs cheveux bruns, maquillé ses grands yeux bleus, orné ses mains de sa plus belle bague.
Si ce soir là, elle était sortie sans trouver de taxi, si elle n'avait pas pressé le pas, si elle n'était pas entrée dans le bar d'à côté en remettant nerveusement ses cheveux en place, si elle ne l'avait pas aperçu au loin.
Et si elle avait fait demi tour parce que la peur, parce que la gorge nouée, parce que les mains moites, parce qu'elle ne se sentait pas capable. Si le patron du bar ne lui avait pas dit dès en rentrant "bah alors ma jolie ça faisait si longtemps, comment tu vas" en la serrant affectueusement dans ses bras. Si elle n'était pas arrivée tremblante, face à lui, si elle n'avait pas levé ses talons pour l'embrasser timidement sur la joue.
Si elle ne s'était pas assise face à lui, en lui souriant bêtement car aucun autre mot ne sortait de sa bouche. Si par la suite il ne l'avait pas mis à l'aise, et si elle avait trouvé le temps long, si elle avait voulu partir au bout de 10 min. Si elle n'avait pas ris aux éclats, rougit à ses compliments, partagé des moments de sa vie, si elle ne s'était pas dévoilée, si il n'avait pas tout fait pour la mettre à l'aise, si elle avait eu une trace de rouge à lèvres sur les dents, si ses cheveux avaient pris la pluie, si elle avait écouté sa tête et non son cœur, si elle ne lui avait pas dit " je suis là mais j'ai peur ".
Si elle n'avait pas fait tout ça, il l'aurait attendu, chaque soir, chaque jour, il aurait attendu. Il lui faisait confiance, il savait qu'elle viendrait, il ne savait pas quand, ni comment, ni même si elle avait bien reçu son invitation. Mais il était sûr d'une chose, un soir d'hiver il la verrait apparaître au loin, dans ce petit bar pour le début d'une belle histoire.

Son héroïne. ♥